Trois contes de bon conseil

mercredi 10 juin 2015
par  Danielle
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Les trois tamis

Un jour, un homme vient trouver le philosophe Socrate et lui dit :

  • Ecoute, Socrate, il faut que je te raconte comment ton ami s’est conduit.
  • Je t’arrête tout de suite, répond Socrate. As-tu songé à passer ce que tu as à me dire au travers des trois tamis ? Et comme l’homme le regardait d’un air perplexe, il ajouta :
  • Oui, avant de parler, il faut toujours passer ce que l’on a à dire à travers trois tamis. Voyons un peu ! Le premier tamis est celui de la vérité. As-tu vérifié que ce que tu as à me dire est parfaitement exact ?
  • Non, je l’ai entendu raconter et ...
  • Bien ! Mais je suppose que tu l’as au moins fait passer par le second tamis, qui est celui de la bonté. Ce que tu désires me raconter, est-ce au moins quelque chose de bon ? L’homme hésita et répondit :
  • Non, ce n’est malheureusement pas quelque chose de bon, au contraire...
  • Hum, dit le philosophe. Voyons tout de même le troisième tamis. Est-il utile de me raconter ce que tu as envie de me dire ?
  • Utile ? Pas exactement...
  • Alors, n’en parlons plus ! dit Socrate. Si ce que tu as à me dire n’est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère l’ignorer. Et je te conseille même de l’oublier...

Apologue de Socrate (Philosophe grec du IVe siècle avant note ère)

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L’enfer et le paradis

Un samouraï se présenta un jour devant le maître zen Hakuin et lui demanda :

  • Y a-t-il réellement un enfer et un paradis ? Et s’ils existent où se trouvent donc leurs portes ? Hakuin le dévisagea et lui demanda :
  • Qui es-tu donc pour poser semblable question ?
  • Je suis un samouraï, le premier des samouraîs...
  • Toi, un samouraï, répliqua d’un ton méprisant le maître, tu ressembles plutôt à un mendiant. Rouge de colère, le samouraï dégaina son sabre...
  • Ah bon, tu as même un sabre ? Mais tu es certainement trop maladroit pour me couper la tête. Hors de lui, le guerrier leva son sabre pour frapper le maître. Mais à cet instant, Hakuin murmura :
  • Ici s’ouvrent les portes de l’enfer. Décontenancé par la tranquille assurance du moine, le samouraï remit l’épée dans son fourreau et s’inclina.
  • Ici s’ouvrent les portes du paradis, lui dit alors le maître.

Conte du maître zen Hakuin ( XVIII° siècle)

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Toutes les connaissances du monde

On raconte que dans la Perse ancienne vivait un jeune roi nommé Zémir. Il était si passionné de savoir et de sagesse qu’il réunit les plus grands érudits du royaume et leur demanda d’écrire pour lui un livre rassemblant toutes les connaissances essentielles.
Les savants se mirent au travail et, au bout de vingt ans, ils revinrent au palais avec une caravane de chameaux, porteurs de cinq cents énormes volumes.
Mais le roi Zémir venait de passer la quarantaine.

  • Je n’aurai pas le temps de lire tout cela. S’il vous plait, faites-m’en une édition abrégée ! Les érudits se remirent au travail. Et, au bout de vingt ans, ils revinrent au palais avec quelques chameaux seulement. Mais le roi, devenu très vieux, se sentait affaibli.
  • S’il vous plait, leur dit-il,faites-m’en une version en un seul volume. Les savants travaillèrent encore dix ans mais quand ils revinrent avec le précieux volume, le roi était devenu aveugle. Il était couché et presque sans forces.
  • Il me faudra donc mourir, leur dit-il, sans connaître le sens de la destinée de l’homme... Alors le plus âgé des érudits vint à son chevet et lui murmura :
  • Je vais vous résumer en trois mots le sens de la destinée de l’homme : l’homme naît, souffre et finalement meurt. Et à cet instant même, le roi expira.

Conte perse.


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dimanche 18 septembre 2016

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