Mieux communiquer pour être plus heureux

samedi 12 septembre 2015
par  Danielle
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Nous désirons tous au plus profond de notre être vivre en harmonie avec ceux qui nous entourent : notre compagnon ou compagne de vie que nous aimons, nos enfants qui sont ce que nous avons de plus chers au monde, nos parents, nos amis, nos collègues avec qui une relation harmonieuse dans le travail est essentielle pour vivre sereinement la plus grande partie de nos journées.
Malgré ce désir profond partagé par tous, pourquoi est-ce si difficile d’éviter les incompréhensions, les conflits, les agressions réciproques qui nous blessent et qui nous laissent totalement désemparés et sans espoir de nous faire comprendre ?

L’homme est un animal social avant tout mais qui n’a pas reçu en naissant le don de communiquer. Sans s’en rendre compte et souvent sans le vouloir surtout, il sème l’incompréhension, allume le feu de la discorde, déverse les flots de la colère. Ces heurts qui naissent au sein du couple, dans les relations entre parents et enfants, dans le milieu du travail, surgissent de la même façon entre les peuples, entre les représentants de religions différentes ou entre ethnies dans un même pays et sont à l’origine d’affrontements violents, de guerres sans fin et sans merci.

Alors comment éviter ces malentendus, ces querelles, ces conflits ouverts pour préserver notre état d’amour originel, notre bienveillance naturelle ? Marshall B. Rosenberg, psychologue américain (1934-2015) a recherché toute sa vie de nouvelles formes de communication capables d’apporter des alternatives pacifiques à la violence qu’il rencontrait autour de lui. Il a créé puis enseigné la Communication Non-Violente (CNV), une nouvelle manière de communiquer en se respectant et en respectant l’autre, aux états en guerre, aux professeurs et aux élèves des établissements scolaires, aux parents et aux couples.

En quoi consiste cette manière de communiquer ? Elle nous amène tout d’abord à reconsidérer la manière dont nous nous exprimons et dont nous entendons l’autre. « Nos mots ne sont plus des réactions routinières et automatiques, mais deviennent des réponses réfléchies émanant d’une prise de conscience de nos perceptions, de nos émotions, de nos désirs » *. La CNV modère nos réactions instinctives de défense ou d’attaque, et sans critiquer, ni juger, elle nous rend plus attentifs à ce que nous observons, ressentons, désirons.

Les quatre étapes pour une Communication Non-Violente :

  • Dans un premier temps, la CNV nous demande d’observer ce qui se passe réellement, sans porter de jugements ou de critiques : être capable de dire ce qui, dans les paroles ou les actes d’autrui, contribue ou non à notre bien-être. Quand nous mélangeons observation impartiale de la situation et jugement, notre interlocuteur risque d’entendre une critique et nous résister. (Savoir dire « Tu as travaillé tard au bureau cette semaine » plutôt que « Tu es toujours indisponible »)
  • Puis, dans un deuxième temps, être capable de dire ce que nous ressentons en présence de ces faits ou ces paroles, ne pas se réfugier dans un silence ou une bouderie qui finira tôt ou tard par laisser exploser le mécontentement. Savoir dire si on est triste, énervé, fâché, inquiet … et souvent le vocabulaire nous manque pour exprimer au plus juste ce que nous ressentons car nous avons aussi du mal à identifier nos sentiments ( Le prochain article vous proposera un lexique des sentiments pour vous aider à mieux cerner les vôtres).
  • En troisième point, être capable d’exprimer le besoin qui est à l’origine de ce sentiment  : Quand une mère se fâche en découvrant le désordre qu’a mis son enfant dans le salon, c’est son besoin d’ordre qu’elle veut exprimer. Ou quand une femme fait remarquer à son compagnon qu’il rentre tard du travail et que cette situation l’attriste, c’est son besoin de temps et d’intimité partagés avec lui qu’elle veut exprimer.
  • Enfin, en quatrième point, apprendre à formuler une demande précise et concrète : dire ce qu’on veut exactement ( Peux-tu ranger tes affaires de classe dans ton cartable ? / Peux-tu rentrer plus tôt la semaine prochaine ?) et non, ce qu’on ne veut pas ( Je ne veux plus voir tes affaires traîner partout / Je ne veux pas commencer toutes mes soirées seule). Si ces demandes sont exprimées avec sincérité et empathie, elles ne seront pas perçues comme des exigences, lesquelles provoquent souvent des résistances ou des refus de la part de l’autre partenaire, mais comme une demande de reconnaissance d’un réel besoin.

Le chemin est long, direz-vous, avant d’être capable d’exprimer calmement ses sentiments, ses besoins et ses demandes précises afin de permettre aux deux partenaires en présence de trouver une solution pacifique à ce qui est la cause du malaise ou du conflit dans la relation. Mais le jeu en vaut la chandelle ! Nous regrettons tous à un moment de notre vie et parfois, bien des années plus tard, de n’avoir pas su exprimer clairement nos sentiments et nos besoins et d’avoir déclenché des résistances tenaces ou des réactions violentes dont nous avons souffert.

La Communication Non Violente est un outil au service de la paix, de l’harmonie auxquelles nous aspirons tous. Et il n’y a pas de relation amoureuse satisfaisante sans cette capacité à s’exprimer pacifiquement qui repose sur un respect réciproque des partenaires. Je ne peux que vous conseiller la lecture attentive du livre de Marshall Rosenberg, livre très bien structuré et illustré d’exemples précis : « *Les mots sont des fenêtres ou bien ce sont des murs, Introduction à la communication non-violente », Edition La découverte, 1999, 2005.

Pour en savoir plus sur les formations à la communication non-violente, rendez-vous sur le site : http://www.cnvformations.fr


Commentaires

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mercredi 16 septembre 2015 à 22h22 - par  Danielle

Je pense, Jean Jacques, au contraire, qu’on reprend toute sa place au centre du jeu mais au lieu de se laisser submerger par la tristesse ou la colère face à certaines situations, on reprécise la situation de départ, sans critique ou jugement, on identifie et on exprime les sentiments et émotions qu’elle a fait naître et on fait une demande claire qui répond à un besoin profond que nous avons et dont on n’a pas tenu compte. Je pense que c’est un exercice difficile car il est plus facile de se laisser emporter par ses émotions... mais on sait aussi que, ensuite, la compréhension et la négociation ne sont pas faciles et qu’il y a souvent escalade dans le ressentiment de part et d’autre. Alors pourquoi ne pas essayer cette nouvelle approche si on n’est pas satisfait de la communication existante ? Merci pour ton intervention.

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mercredi 16 septembre 2015 à 19h30 - par  Jean Jacques

Bonjour Danièle,

En fait le secret du bonheur ce serait de ne pas se placer au centre du jeu même si ce qu’on veut exprimer nous concerne au premier chef

Une histoire de faux cul quoi ?

Mais qui exige une bonne dose d’habileté

Salut et bravo pour cet article

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