Pour un nouvel art de vivre

samedi 9 janvier 2016
par  Danielle
popularité : 52%

Entrer dans l’année avec l’histoire de Luis Ansa raconté par Henri Gougaud dans « Les sept plumes de l’aigle »,

C’est un livre lumineux que je viens de relire, je vous en livre quelques extraits à l’aube de cette nouvelle année :

  • Comment apprendre le langage de l’eau, El Chura ?
  • Plonge ton visage dedans et écoute.(…) Je me suis accroupi, j’ai pris un grand coup d’air, j’ai enfoncé ma tête dans l’eau lentement, et j’ai osé ouvrir les yeux… des millions d’étoiles, au gré de la houle, naissaient, s’éteignaient, renaissaient ailleurs. Comme je contemplais cela, je me suis senti soudain prodigieusement vaste, sans question, sans espoir, sans peur aucune, tranquille comme un dieu veillant sur l’univers. L’eau faisait à mes oreilles une rumeur d’océan. J’ai eu un instant la sensation que des mains amoureuses palpaient ma figure, mon cou, mon crâne. J’ai relevé la tête … La montagne, le ciel, l’herbe m’ont paru tout proches, complices, attentifs. J’ai plongé à nouveau et je me suis enivré de cette découverte : au-dedans, j’étais un dieu, au dehors, j’étais un nain. Au-dedans, j’étais dans la vie, au dehors dans sa banlieue. Au-dedans j’étais en paix, au dehors j’étais en doute. … El Chura m’attendait devant ma cabane. Il m’a dit : L’eau est une porte. Le vent, la pluie, la nuit, la neige, les pierres sont aussi des portes. Par n’importe laquelle de ces portes, tu peux rentrer dans la paix.

….

El Chura m’a pris sous sa protection. Il était chaman, autant dire joueur de tours, maître sorcier et gardien des trésors de la vie. Il parlait peu. Il n’expliquait guère. Il estimait que la seule connaissance qui vaille était au-dedans des choses, et qu’il fallait aller l’y chercher. De fait, tous les Indiens apprennent dès l’enfance à explorer cet intérieur des choses. Quand une femme aymara donne à manger à son petit, la première cuillère de sa « masamora », de sa soupe de maïs » est offerte à sa « Pachamama », la vieille Terre Mère. Ainsi pénètre dans l’esprit de l’enfant l’évidence que cette boule céleste où nous avons vu le jour est vivante, qu’elle respire, sent, donne, prend, qu’elle a besoin d’être nourrie. Les Indiens ne soignent pas la terre parce qu’elle est malade, ils la soignent parce qu’elle est leur mère. Ils l’aiment, voilà tout. En vérité, les chamans n’apprennent rien d’autre que cela : entrer en relation intime avec la vie qui est en toute chose.

……

Viracocha a créé la vie. Nous sommes ses enfants. Nous devons poursuivre son œuvre. Nous devons créer, inventer sans cesse comme il l’a fait. C’est la meilleure manière de la servir. L’important, ce n’est pas Viracocha, c’est ta capacité de capter sa puissance qui, seule, permet de transformer les choses. Non pas pour te servir d’elles, mais pour les faire entrer dans la dignité de la vie, dans la jouissance de la vie et pour y entrer avec elles. Mais toi, tu penses, ce que tu crois être ton intelligence te dit ce qui est possible et ce qui est impossible. Mais ce n’est pas ta véritable intelligence qui te dit cela, c’est seulement la minuscule expérience que tu as du monde. Viraconcha ne pense pas, il n’est pas intelligent, il ne se perd pas dans des idées de monde, lui. Il donne la vie, il jouit de cela et il aime cela. Ne cherche pas Viracocha dans le ciel, dans les temples. Reste dans ton corps, dans ton sentir. C’est là qu’il est. Et permets lui seulement de sortir de temps en temps, Tu verras ce qu’il est capable de faire….

Extraits de « Les sept plumes de l’aigle » Henri Gougaud, Edition du Seuil, 1995

Pour partir à la découverte de l’œuvre de Luis Ansa et pour vous offrir la possibilité d’enchanter votre vie, découvrez "La voie du sentir" : http://luisansa-lavoiedusentir.blogspot.fr


Commentaires

Statistiques

Dernière mise à jour

dimanche 18 septembre 2016

Publication

59 Articles
Aucun album photo
Aucune brève
Aucun site
5 Auteurs

Visites

2 aujourd'hui
16 hier
26089 depuis le début
1 visiteur actuellement connecté